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L’exemple du Mexique, à l’heure de la mondialisation


Le tremblement de terre qui a secoué les champs de café en 1989 aura à peine fait des vaguelettes dans votre tasse matinale. Pourtant, cette année-là, une crise sans précédent frappe les petits producteurs de café du monde entier...

La rupture de l'Accord International du Café, en vigueur depuis 1962 pour contrôler les stocks et les quotas d'exportation, entraîne une chute des prix de 60 %. L'onde de choc se fera sentir autour du globe, là où les paysans vivent du commerce du café.

Au Mexique, la crise mondiale des prix se doublera de la privatisation de l'industrie caféière, propulsant les petits producteurs de café dans une crise structurelle, financière et socio-économique.
La même année, en réponse à cette crise, 25 organisations indépendantes mexicaines se regroupent pour créer la CNOC, la Coordinadora Nacional de Organizaciones Cafetaleras, un regroupement d'organisations de petits producteurs de café. La CNOC s'est imposée comme nouvel interlocuteur face au vide administratif et organisationnel laissé par l'État en proposant de nouveaux modèles d'association et de commercialisation. La CNOC représente aussi les petits producteurs mexicains au sein de l'Union des producteurs de café du Mexique, d'Amérique centrale et des Antilles (UPROCAFÉ). Ses quelques 68 577 membres, majoritairement autochtones, appartiennent à 114 organisations régionales. Dans un contexte de mondialisation de l'économie, la restructuration soudaine du secteur caféíer mexicain à partir de 1989 s'inscrit dans une série de mesures dont le point culminant sera l'entrée en vigueur de l'ALÉNA (Accord de libre-échange nord-américain) en 1994.

La libéralisation du secteur caféier servira d'exemple à la politique néolibérale dans l'agriculture mise de l'avant sous Miguel de la Madrid (1982-1988) et concrétisée sous le gouvernement de Carlos Salinas de Gortari (1988-1994).
Cette série de mesures incluent, entre autres, le démantèlement de plus de 500 entreprises d'État, dont l'Institut mexicain du café, et la réforme de l'article 27 de la constitution qui garantissait jusqu'en 1991 l'inaliénabilité des terres autochtones et paysannes (ejidos) héritées de la Révolution de 1910. Le désengagement de l'État et la fin d'une politique nationale dans la caféiculture portera un coup dur aux petits producteurs de café qui se fiaient aux structures étatiques depuis 1973.